De la lagune de Gamba aux lumières de Paris : itinéraire d’une “Mibanganaise” qui a fait de son nom une marque. Elle dit souvent que sa vie a commencé sur une pirogue, bercée par les eaux de la lagune Ndougou, dans le sud du Gabon. Aujourd’hui, c’est sur le bitume parisien et les podiums de la Fashion Week qu’elle impose sa démarche féline. Dorine Mboumba, devenue Dorinex, est une énigme. Comment cette jeune fille, moquée jadis pour sa maigreur, est-elle devenue l’incarnation du glamour panafricain ?
Ne vous fiez pas aux paillettes. Derrière le maquillage sophistiqué se cache une “Mibanganaise” pur jus, une entrepreneure redoutable qui négocie ses contrats comme elle défile : avec la tête haute et sans trembler. Bienvenue dans le monde de celle qui a décidé que le ciel n’était pas la limite, mais juste le début.
PLUS QU’UN CINTRE, UNE STRATÈGE
1. Le Mythe de Shanghai (Le Déclic) Tout le monde connaît l’histoire : l’étudiante au Togo qui se retrouve propulsée à l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010. Mais ce qu’on oublie de dire, c’est l’audace qu’il a fallu pour y rester. Dorinex n’a pas attendu qu’un agent vienne la sauver. Elle a compris très vite que dans ce métier, on est soit un produit, soit une marque. Elle a choisi d’être une marque.
2. La “Freelance” de Luxe C’est une statistique qui devrait inspirer toutes nos lectrices : 70% de ses contrats, elle les décroche seule. Alors que beaucoup de mannequins dépendent entièrement de leurs agences, Dorinex a construit son propre réseau, du Cap à Paris, de Dakar à Marseille. Elle gère sa carrière comme une PME. Elle a transformé son “X” (l’inconnue de l’équation) en facteur de succès. Elle ne subit pas la mode, elle la fait.
3. Le Corps comme Armure “Moquée toute mon enfance parce que trop maigre…” Cette phrase revient souvent. Le mannequinat n’a pas été une vanité, mais une thérapie. C’est le seul métier au monde qui l’a obligée à regarder ce corps “imparfait” et à réaliser qu’il valait de l’or. Aujourd’hui, quand elle défile pour Imane Ayissi ou qu’elle pose pour des campagnes internationales, ce n’est pas de l’arrogance que vous voyez. C’est la revanche d’une petite fille de Gamba qui a appris à s’aimer.
L’APRÈS-PODIUM SE PRÉPARE AUJOURD’HUI
Le Focus Business : Dorinex a une obsession : ne pas être éphémère. Elle sait que la beauté fane, mais que les affaires restent. C’est là que la “Mibanganaise” (la femme de la terre, pragmatique) prend le dessus sur la Parisienne. L’Auteure : Avec Shanghai et Moi, elle ne raconte pas juste sa vie, elle tend la main à la prochaine génération. C’est un guide de survie pour celles qui rêvent grand. La Créatrice de Lien (Twindi) : Pourquoi lancer une marque de stickers et de magnets sur le Gabon ? Pour l’ancrage. Twindi (“Allons-y”) est un appel à ne jamais oublier d’où l’on vient. Elle vend de la fierté culturelle à coller sur son frigo ou son ordinateur. L’Investisseuse Avisée : Actionnaire dans Emma Plasturgie (cuves alimentaires), propriétaire immobilière… Dorinex place ses pions. Elle prouve qu’on peut aimer les robes de soirée et comprendre les tableaux d’amortissement.
LE CŒUR D’UNE REBELLE
Le Portrait Intime : Balumbu par son père, Varama par sa mère, “Rebelle par le sang”. Dorinex vit à Marseille, mais son cœur bat au rythme de la forêt équatoriale. Maman d’une petite fille, Yami, elle jongle avec les castings et les devoirs, prouvant que la maternité n’est pas un frein, mais un moteur turbo. “J’amène parfois Yami à mes castings”, dit-elle. Pas d’excuses. Elle se définit comme une “Citoyenne du Monde”, mais son luxe ultime n’est pas un sac de marque. C’est la liberté de parole. Elle utilise sa voix pour dénoncer les injustices, soutenir les opprimés. Dorinex n’est pas juste belle. Elle est engagée.
Dorinex, sans filtre : confidences d’une femme d’affaires
Q1. “Dorinex, vous décrochez 70% de vos contrats vous-même, sans attendre après une agence. C’est rare dans ce milieu. Quelle est la compétence n°1 en négociation que vous avez apprise sur le terrain et qui servirait à n’importe quelle femme entrepreneure ?” La règle principale est d’être à l’aise à parler d’argent. Contre sa valeur selon le projet . On ne demande pas le même cachet pour un shooting pour une jeune marque que pour un défilé lors d’une Fashionweek. Ne pas hésiter à perdre un job même pour une grande marque si celle-ci ne veut pas reconnaître votre valeur
Q2. “On vous voit sur les podiums, mais vous avez aussi investi dans l’industrie (Emma Plasturgie) et l’immobilier. Est-ce une façon de prouver que la beauté n’est pas votre seul capital ? Quel conseil financier donneriez-vous à une jeune femme mannequin professionnelle ? Il paraît que le mannequinat est un métier éphémère, alors il serait bien d’investir tant que les contrats sont encore fréquents. J’ai toujours en mémoire les grands mannequins des années 90 qui n’avaient pas su épargner et se retrouvaient dans la rue des années plus tard.
Q3. “Vous avez dit que le mannequinat vous a forcée à chérir ce corps qu’on moquait jadis. Devenir maman a encore transformé ce corps. Avez-vous dû ‘réapprendre’ à vous aimer pour revenir sur les podiums, ou la maternité vous a-t-elle donné une nouvelle armure ?” Désormais, j’observe mon corps avec un profond respect et une grande reconnaissance. Il a abrité la vie. Et à présent, je maîtrise la manière de l’adapter aux différentes saisons.
Q4. “Vous vivez en France, mais vous vendez la culture gabonaise. C’est important pour vous que votre fille Yami, qui grandit en Europe, connaisse ses racines ? Comment on transmet le ‘feu sacré’ du Gabon à distance ?” J’ai eu la chance de naître dans une région magnifique du monde et je souhaite partager mes connaissances sur cet endroit avec Yami. J’ai écrit un livre intitulé “LA PETITE YAMI”, qui dépeint le quotidien d’une enfant évoluant entre deux cultures. Mon objectif est que Yami, ainsi que tous les enfants aux identités multiples, puissent grandir en ayant pleinement conscience de l’intégralité de leur héritage. Le feu sacré il est en nous : Dans les contes, les langues, les voyages… Yami vit en France avec le Gabon dans le cœur
Q5. “Le mannequinat, c’est le métier du ‘Oui ou Non’. On est jugé en une seconde sur son apparence. Quel est votre secret mental pour ne pas laisser un refus au casting entamer votre confiance en vous ? Que vous dites-vous dans le miroir les jours difficiles ?” Il faut prendre conscience que les clients ( défilé, pub, shooting) ont un projet et l’on peut ou non correspondre à ce projet. Un NON n’est donc pas un rejet. Mon secret est de vite passer à autre chose . Je passe un casting puis je vaque à mes occupations, si je suis prise j’organise la suite, si non, je serai déjà occupée ailleurs
Q6. “Si la Dorinex d’aujourd’hui, la femme d’affaires internationale, pouvait voyager dans le temps et s’asseoir 5 minutes avec la petite Dorine de Gamba qui se trouvait ‘trop maigre’, que lui dirait-elle ?” Arrêtes d’être si négative Ma Dodo d’amour. T’inquiète, tu seras heureuse dans cette vie et avec ce corps











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