Le mois de juillet 2019 a été celui de l’anniversaire de mes 50 ans.

Depuis le début de l’année, j’ai célébré chaque journée qui m’a rapproché de cette date qui marque mon demi-siècle sur terre. Un moment où l’on réalise qu’on quitte définitivement le monde de la jeunesse pour embrasser celui de notre seconde étape de vie en espérant rattraper les erreurs, les retards et profiter des 50 prochaines années à venir. Alors j’en profite, pleinement !

Cet été, j’ai eu le plaisir de célébrer avec Amy, une amie de longue date qui était en vacances à Montréal. J’ai aussi eu l’opportunité de fêter avec des amies que je me suis faites ici ainsi qu’une autre que j’ai laissée là-bas, en Afrique. Merveilleuse fusion de mes deux mondes et l’une d’elles m’a rappelé de profiter de la vie parce que je ne vivrai peut être pas cinquante autres années. Cynique, mais vrai!

Alors qu’Amy se préparait à rentrer au Niger, après m’avoir dit au revoir la veille, mon téléphone sonna tôt le matin avec son nom affiché sur l’écran. D’une voix grave, elle m’a dit qu’elle s’est réveillée avec une mauvaise nouvelle annonçant le décès du mari de sa sœur. Son beau-frère était jeune et en santé. Rien ne présageait un décès soudain suite à une crise cardiaque à son lieu de travail.

En tant que femmes, nous sommes prises dans l’engrenage des attentes sociales, morales, des responsabilités familiales et souvent nous finissons par nous oublier.

Mes premières pensées ont été pour son épouse et ses enfants. Je me suis souvenue qu’il y a un peu plus d’un an, elle lui avait écrit un beau message d’amour et de gratitude pour ses 55 ans. Ce message m’est revenu, car ce n’est pas souvent que nous exprimons publiquement notre amour pour nos conjoints. Dans ces mêmes moments de grande tristesse, j’ai pensé: ‘ heureusement qu’elle l’a fait ! ‘. Elle le lui a dit, et la connaissant, elle lui a fait vivre cet amour au quotidien. Ce triste événement m’a fait penser à la fragilité de la vie humaine et a éveillé en moi un sentiment d’urgence de vivre chaque jour pleinement.

En tant que femmes, nous sommes prises dans l’engrenage des attentes sociales, morales, des responsabilités familiales et souvent nous finissons par nous oublier. Nous remettons des projets pour soutenir un conjoint, ou donner aux enfants le temps de grandir, et lorsque vient le temps de se lancer, nous nous autocensurons en attendant que la société nous permette d’oser. Tout passe avant qu’on ose vivre nos passions. Difficile de faire un choix entre la famille, la carrière et nos passions. Nous les femmes, faisons face à de nombreux défis alors que notre cycle de vie n’est pas plus long que celui des hommes. Parfois, nous combattons nos propres démons intérieurs ou surmontons les obstacles que la vie met devant nous. Souvent, ils se manifestent en une personne qui nous ressemble tant.
Oui, le problème de la femme, c’est souvent une autre femme. Rivalité, jalousie, querelles sans fin qui nous retardent. Il est pourtant reconnu que lorsque des femmes se mettent ensemble, et se soutiennent mutuellement, il se passe toujours des choses extraordinaires.

Tentons l’expérience dans cette rubrique qui sera notre plateforme d’échanges et de partage de nos expériences de vie, un instrument d’inspiration et de motivation.

Nul ne devrait être obligé de vivre avec des normes auxquelles, il ne peut naturellement se conformer.

Pour moi qui entame cette étape de ma vie avec gratitude et sérénité, je m’inspire et puise mon énergie des femmes guerrières autour de moi. Ma mère, mon premier modèle, qui m’a appris à pratiquer la patience même dans les moments où l’on n’en a plus, l’importance de l’éducation des femmes et le respect de soi.
Il y a aussi ce réseau que je me suis créé. Ma chère Annick, qui a relevé le défi de l’intégration dans le processus d’immigration. Réussir le défi de l’insertion professionnelle, l’engagement social et communautaire combine une vie de famille active quand on est une femme noire dans ce coin d’Amérique. Mon amie Édith, que j’appelle affectueusement Madamou, qui a décidé de ne plus accepter que la société lui fixe des normes auxquelles elle doit se conformer pour se faire accepter et se faire une place. Fière et forte, elle influence le débat pour combattre la grossophobie. Nul ne devrait être obligé de vivre avec des normes auxquelles, il ne peut naturellement se conformer.
Au fil des rencontres de la vie, j’ai croisé le chemin de Rahilatou, qui se lance le défi d’entreprendre tout en innovant. Son entreprise Veraudace produit des sorbets et crèmes glacées sans lait, entièrement faits de légumes bio, 100 % naturels et véganes . Cette jeune mère de famille travaille avec acharnement à bien s’établir et à relever le défi de la conciliation travail et famille. Enfin, ma belle et talentueuse Aminata Farmo qui d’ici nous lance le défi d’informer la jeunesse africaine, de faire tomber numériquement les barrières de la distance. Et tant d’autres…

Chacune d’elle me pousse à reprendre cette plume pour partager les expériences, éduquer, connecter et inspirer.

Sokhna Biba

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