L’entreprenariat féminin en Afrique est un exemple pour les femmes dans le monde.  Je le dis sur la base de statistiques que nous avons.

A savoir 24% des femmes africaines créent leur entreprise et en moyenne une femme sur 3 déclare avoir un projet de création. C’est le plus fort taux de création d’entreprise constaté à l’échelle mondiale. Pour l’immense majorité de ces femmes il s’agit certes d’assurer leur subsistance et celle de leur famille. C’est aussi pour cela qu’on constate que l’immense majorité des entreprises créée par les femmes sont de petites tailles, génèrent un petit chiffre d’affaires.

Mais il faut que pour les années à venir, ces femmes parviennent à faire le saut qualitatif leur permettant de passer de la micro entreprise ou de l’entreprise informelle à la PME. C’est tout à fait réalisable. Pour ce faire, l’accompagnement est indispensable facilitant leur accès à l’éducation, au financement.

Les pratiques entrepreneuriales révèlent des réalités très disparates. De part le statut, la taille, le champ d’activités….etc

Mais il y a quand même des défis importants qui se posent à toutes les femmes entrepreneurs et qui sont

1/ Socio culturelle

2/ Éducatifs

3/ Financiers

Vous constaterez que ces 10 dernières années, la société civile partout en Afrique s’est emparée de ces sujets sur l’entreprenariat féminin pour pallier aux déficit des politiques sociales et économiques mises en œuvre en Afrique par nos gouvernements et il faut s’en réjouir. Bon nombre d’associations, de fondations, de groupements de femmes se sont créés pour que les voix des femmes puissent être entendues. Ces associations portent haut le combat des femmes et c’est important compte tenu des facteurs favorables à cela à savoir

1/ Qu’une femmes qui emprunte rembourse presque toujours son emprunt dans les délais attendus. Le taux de mauvais payeur est très faible

2/Quand une femme travaille c’est toute sa famille qu’elle nourrit

Ainsi la femme en activité en Afrique est un besoin nécessaire et vital dans l’immense majorité des foyers.

D’où Importance du soutien familiale. Sans cela, on le voit encore aujourd’hui nombre de jeunes femmes qui sont porteuses de projets se retrouvent complètement isolées voir empêchées de poursuivre leurs rêves. Je parle en connaissance de cause.

Pourtant la croissance inclusive ne se réalisera qu’avec la pleine intégration des femmes à la prise de décision publique et privée. L’Afrique a tout à gagner à accélérer cette transformation. L’impact positif sur la performance des organisations et le GDP est largement connu. En plus c’est un signal de modernité.

A ce sujet, je vous donne une autre statistique car c’est important de partir sur des constats quantifiés. Les femmes produisent près de 65% des biens du continent africain mais dans  le même temps elles détiennent le tiers de l’ensemble des entreprises. Est-ce bien normal ?

Et sur un plan mondial maintenant, savez-vous que les femmes du monde représentent 39% de l’emploi mondial mais occupent seulement 27% des postes de direction alors que dans le même temps elles achètent 80% des biens mondiaux.  J’ajouterai également que dans le monde, les entreprises appartenant à des femmes remportent moins de 1% des marchés publics et des entreprises et détiennent 10% de la richesse mondiale.  Et elles détiennent seulement 1% des droits de propriété.

Ces chiffres donnent le tournis pour la militante de la cause féminine que je suis. Je suis plus que jamais engagée dans le combat de l’entreprenariat féminin en Afrique car il est désormais temps que l’on déjoue ses statistiques.

L’accompagnement de cette évolution est donc essentiel. L’enjeu dépasse le strict cadre économique et ce doit être un engagement de tous. C’est à cet effet que j’ai créé une association qui milite pour l’entreprenariat féminin en Afrique et qui s’appelle AWEP CAMEROUN (African Women Entrepreneurship Program). C’est le plus grand réseau de femmes entrepreneurs d’Afrique à ce jour. Nous sommes présents dans 44 pays d’Afrique Sub saharien et nous œuvrons tant sur le plan national qu’international. Les enjeux internationaux ne doivent pas nous échapper.  Il y a en ligne de mire la ZLECAF qui est la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. Un nombre important de webinars ont eu cours cette année et l’an passé traitant de l’autonomisation des femmes dans le contexte de l’implémentation de la ZLECAF et de la mise en œuvre de la décennie de la femme africaine pour l’inclusions économique et financière.  C’est dire l’importance de ces enjeux. Le monde est global même si la pandémie nous rappelle l’importance de produire et consommer local .

Mais pour ce faire, il y a un quelques défis parmi lesquels on peut noter

1/ Le manque d’infrastructures

2/ Le manque de formation

3/ La difficulté pour trouver du financement et accéder aux crédits

Mais des solutions simples existent :

1/  Créer des incubateurs et convaincre des investisseurs locaux

2/ Favoriser le réseautage

3/ Accompagner les femmes entrepreneurs dans leur projet via des sessions de mentoring

4/ Sensibiliser les femmes comme les hommes sur la place de la femme dans l’économie de nos sociétés afin que certains diktat de la société africaine tombent

5/ Former et encore former

L’accès à une formation de qualité est une garantie incontestable de succès  dans le monde hautement compétitif dans lequel on évolue. Les politiques nationales de nombreux pays africains vont vers cette parité accrue. Exemple : RWANDA leader avec un parlement a plus de 60% féminin

Le secteur privé n’est pas en reste et on note de plus en plus de femmes dirigeantes de PME de taille moyenne même si cela reste très largement insuffisant

La formation et donc les écoles jouent un rôle fondamental. Par exemple HEC en France a décidé récemment de  se lancer vers ce mouvement de modernisation et de modèles d’intégration inclusive en proposant spécifiquement  aux femmes un éventail de formation permettant de briser le plafond de verre.

Nous ne cesserons de dire aux dirigeants du monde que l’augmentation du nombre de femmes dans les affaires économiques a fait augmenter le PIB mondial de manière substantielle. Cela signifie que si les femmes ont la possibilité de travailler, de créer des entreprises, d’avoir accès au crédit, de détenir un droit de propriété sur les terres qu’elles cultivent et les récoltes qu’elles font, et si elles ont une chance d’être compétitives, nous sommes convaincus que leur contribution sera énorme.  Nous devons faire tomber les barrières qui existent encore.  Nous encouragerons les pays à modifier les lois qui freinent encore les femmes.  Nous ne nous contenterons pas seulement de vous encourager. Nous allons également encourager les gouvernements et les entreprises d’Afrique à reconnaître ce qui est bien lorsque c’est bien : votre autonomisation et vos compétences entrepreneuriales.

La pandémie, il faut en parler car elle a fragilisé nos économies mais bon nombre d’ entreprises féminines et je me réjouis ont réussi à s’en sortir. Ce  n’est pourtant pas simple. En cette période difficile, les réseaux  d’associations et les contributions gouvernement en matière de politiques d’appuis pour les sinistrés de la COVID sont importantes. Il faut faire également preuve de créativité et ne pas rester isolés. Tels sont quelques ingrédients pour faire face à ce fléau qui mine nos économies. L’Afrique est résiliente et je crois en elle.

Les femmes sont une chance pour l’Afrique : elles portent en elle de nouveaux modes de gestion (plus d’empathie, plus d’écoute, de meilleures relations sociales ….sensible à la gouvernance, moins dans la compétition à tout prix) qui a terme pourraient  bien révolutionner la manière dont l’Afrique s’inscrit dans  le monde

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